Oldforest

Oldforest
Mon nouveau roman, Oldforest, est disponible. Pour le commander, cliquez sur l'image.

11 décembre 2017

FILM: Le Grand Bleu

L'histoire d'amitié et la rivalité sportive entre deux apnéistes dans les années 80...



Oui, le film de Luc Besson a vieilli.
Oui, le film est critiquable à beaucoup d'égards.
Pourtant, il se dégage du Grand Bleu un charme un peu kitch incomparable, et une déclaration d'amour sincère à la mer.
Le troisième film de Luc Besson (après le Dernier Combat et Subway) est (très) librement inspiré des vies de Jacques Mayol et d'Enzo Maiorca, deux légendes réelles du monde de l'apnée des années 70 et 80. Dans le film, le premier, interprété par Jean-Marc Barr, est présenté comme un rêveur puriste, un amoureux des océans et des dauphins, un taiseux à la limite de l'autisme. Le second, Enzo Molinari (Enzo Maiorca ayant refusé que son nom apparaisse), interprété par Jean Reno, est un Italien grande gueule, un compétiteur acharné et une sorte de mentor. Le Grand Bleu raconte leur histoire d'amitié et de rivalité sportive dans l'univers de la plongée no limit, une discipline méconnue du grand public où les plongeurs lestés par des gueuses se laissent descendre toujours plus profond dans le "grand bleu" des profondeurs.
Luc Besson s'adresse davantage aux sens qu'à l'intellect, en nous offrant un film sensoriel plus qu'un témoignage sur ce sport et cet univers. Les rapports entre les personnages manquent souvent de consistance, et le scénario reste très linéaire. En fait, l'intérêt est ailleurs, dans ce voyage en immersion au cœur de ce Grand Bleu que l'affiche et le titre vendent. Et de ce point de vue, le film fonctionne. La durée des séquences de plongée, la lenteur du rythme de montage et la beauté des images nous entraînent sous l'eau en temps quasiment réel, pour ressentir cette jouissance (et cette ivresse) des profondeurs.
Ce rythme particulier, ces images magnifiques et la musique planante d'Eric Serra suffiront à ramener les fans de la première heure trente ans en arrière, au Grand Rex, en Grand Large, pour des projections d'anthologie. Quant à ceux qui découvriront le film, ils formeront comme à l'époque deux familles distinctes et opposées: d'un coté ceux qui resteront froidement sur le ponton, de l'autre ceux qui plongeront sans retenu dans l'océan.

Un véritable film sur le rapport à l'océan, vu à travers le prisme de l'apnée.
Un peu daté, mais sincère et immersif.

Le Grand Bleu, un film de Luc Besson, sorti en 1988.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD






Sur ce site, pour les amoureux de la Grande Bleue:

BD: Un Océan d'Amour
RECIT: La Longue Route
FILM: All is Lost






2 décembre 2017

ROMAN: Oldforest

Oldforest, mon nouveau roman, sort aujourd'hui aux Editions du Caillou.














Anton Reed est de retour à Oldforest, parc national de l'Ouest canadien réputé pour sa forêt originelle. Il vient pour commémorer la mort accidentelle de Déborah, son ancienne compagne.  Lorsqu'il croise brièvement et par hasard dans le seul village du parc une jeune femme qui lui ressemble, il lui devient impossible de repartir sans obtenir de réponse. Avec l'aide d'Alaska, une photographe qui vit sur place, il va se lancer à sa recherche et à la découverte des mystères d'Oldforest, de son étrange communauté d'habitants et de sa mystérieuse forêt.

P.Yves Touzot nous invite à un voyage en immersion dans l'hiver rigoureux de l'Ouest canadien, pour un thriller fantastique à la fois trépidant et poétique. Un grand roman d'aventure au plus près de la nature. 

LIEN: Editions du Caillou




23 novembre 2017

DOC: Grizzly Man

Portrait de Tim Treadwell, écologiste illuminé et controversé, qui a passé plusieurs années de sa vie à vivre avec les grizzlys.


Portrait d'un allumé, par un allumé.
Devant la caméra, Timothy Treadwell, dévoré par des grizzlys (avec sa compagne Amie) en 2003, après des mois passés à vivre avec eux. Derrière la caméra, Werner Herzog, réalisateur (entre autres) d'Aguirre, la colère de Dieu, de Fitzcarraldo ou encore de Nosferatu, fantôme de la nuit, qui essaye dans ce documentaire de comprendre la personnalité de son héros à travers des dizaines d'heures de rush tournées avant sa mort. 
Ou comment faire un portrait d'un homme sans jamais l'avoir rencontré. 
Dès les premières séquences, on comprend pourquoi Werner Herzog s'intéresse à lui. Comme chez les héros de ses propres films, il y a chez Timothy Treadwell de la démesure, du narcissisme, de la grandiloquence, et une incontestable touche de génie qui s'apparente comme souvent à de la folie. Le film nous invite donc en Alaska, dans le Katmaï National Park, à vivre avec Tim toujours plus proche des grizzlys. Et il n'a pas peur de s'en approcher vraiment. Le personnage étonne avant tout par son ambiguïté. Si son engagement dans la lutte pour sensibiliser le grand public à la nécessaire protection des ours sauvages est sincère, on se demande souvent s'il n'est pas avant tout là pour se mettre en scène, faire le show et assoir sa notoriété. Tour à tour très professionnel dans ses actes et ses commentaires et au-delà de l'amateurisme le plus total, Tim nous agace presque autant qu'il nous intéresse. Son funeste destin, annoncé dès le début du film, nous aide à tenir, à rester jusqu'à la fin pour assister à sa mort. Le procédé est discutable, mais il fonctionne. Et malgré ses mauvais côtés, Timothy Treadwell est probablement celui qui s'est approché au plus près de cette espèce fascinante et majestueuse qu'est le grizzly. Les images qu'il a rapportées de ses expéditions dans une région à la beauté réellement sauvage restent rares et exceptionnelles.
La fin du film, tragique et brutale, nous rappelle une évidence: le monde sauvage, même lorsque l'on a l'impression de l'avoir apprivoisé, reste sauvage.

Un documentaire poignant et dérangeant sur le rapport entre l'homme et l'animal sauvage.

Grizzly Man, un documentaire de Werner Herzog (2005)
Disponible en DVD/Blue Ray/VOD.







8 novembre 2017

PHOTO: Concours Photo National Geographic 2017

Pour le plaisir, quelques unes des photos sélectionnées pour la finale du concours National Geographic 2017.










24 octobre 2017

FILM: Le Convoi Sauvage

Quelque part dans l'ouest américain, au début de la conquête de l'Ouest, un homme gravement blessé par un grizzli est laissé pour mort par ses collègues trappeurs et se bat pour survivre ...


L'histoire de cet homme laissé pour mort dans la nature qui se bat pour sa survie vous semble familière ? Normal: Le Convoi Sauvage, Man in Wilderness dans son titre original, racontait en 1971 la même histoire que The Revenant, le film de Alejandro Innaritu sorti en 2016. Et cet article (et ce film) s'adresse essentiellement aux vrais amateurs du film d'Hugo Glass qui seront curieux découvrir cette autre adaptation des aventures de ce héros légendaire (renommé Zachary Bass dans cette version). Car il faut le dire clairement, Le Convoi Sauvage a beaucoup vieilli, tant dans le réalisme daté de sa dramaturgie que dans sa forme visuelle et sonore, et la comparaison avec la version plus récente ne joue pas en sa faveur. Pourtant, le film de Richard C. Sarafian n'en reste pas moins une honnête tentative de film d'immersion en milieu naturel hostile, et un témoignage sur les débuts de la conquête de l'Ouest. La nature y est moins magnifiée que chez Innaritu, les souffrances et les blessures moins dures à supporter chez Richard Harris que chez Léonardo Di Caprio, mais le film invite comme son successeur à passer deux heures dans la nature, au milieu des indiens et des trappeurs, dans un film très représentatif du style et de l'audace du cinéma américain des années 70. A noter la présence de John Huston dans le rôle du capitaine, et les images de ce bateau posé sur un chariot trainé par des chevaux dans les plaines sauvages de l'ouest américain (ou plus exactement du centre de l'Espagne cher à Sergio Leone où le film fut tourné), qui ont peut être inspiré Werner Herzog pour son magistral Fitzcarraldo, sorti une dizaine d'années plus tard.
Pas le film du siècle, ni de la décennie, mais une curiosité pour les fans de The Revenant et les cinéphiles avertis.

The Revenant, version années 70.

Le Convoi Sauvage, un film de Richard C. Safarian, sorti en 1971.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD






Sur ce site:

















8 octobre 2017

FILM, ROMAN & DOC: L'Homme qui murmurait à l'oreille des Chevaux

Suite a un accident qui a coûté la vie à sa meilleure amie et gravement blessé son cheval, une jeune fille part avec l'animal blessé dans le Montana pour bénéficier des soins d'un dresseur de chevaux ...










Grand classique du cinéma hollywoodien des années 90, L'Homme qui murmurait à l'oreilles des Chevaux est tiré du roman éponyme de Nicolas Evans qui dressait le portrait d'un dresseur de chevaux aux méthodes très particulières, basées sur la compréhension de la nature, des besoins et des envies de l'animal. Il s'inspire sans le citer d'un personnage réel, Buck Brannaman, mondialement reconnu pour sa capacité à guérir des chevaux traumatisés par des accidents ou des mauvais traitements, et qui a participé au tournage en qualité de conseiller technique.
Le film, à la fois très classique et très réussi, raconte deux histoires: la guérison parallèle d'un cheval détruit par une collision avec un camion, et d'une jeune fille amputée d'une partie de la jambe suite à ce même accident, et l'histoire d'amour à priori impossible entre une citadine convaincue (et mariée) et un amoureux des grands espaces que presque tout sépare. Robert Redford, à la fois réalisateur, producteur et interprète de cet homme qui murmure à l'oreille des chevaux, compose un de ses plus beaux personnages, pour ce qui est sans doute l'un de ses films les plus emblématiques de sa volonté inébranlable de partager son amour de la nature et des grands espaces. A ses côtés, Kristin Scott Thomas nous offre une de ses prestations les plus abouties et les plus touchantes, en maman de la ville qui tente de sauver à la fois sa fille et son cheval, et de résister à son attirance pour cet homme irrésistible. Enfin, dans le rôle de la jeune fille, Scarlett Johansson, véritable révélation du film, apporte à son personnage justesse et gravité, pour ce qui restera son premier grand rôle au cinéma, un rôle qui lui ouvrira les portes de la renommée. 
Grâce à une première scène (l'accident) très forte, Robert Redford nous plonge immédiatement dans les problématiques de survie de cette petite famille et de son cheval. Une fois dans le Montana et ses paysages sublimes, au plus prés de la nature,  nous nous remettrons petit à petit, comme les personnages principaux du film, du traumatisme de cette violente scène d'ouverture. 

Un joli voyage dans les paysages sublimes du Montana, à la rencontre d'un personnage hors norme, pour une très jolie histoire d'amour à quatre personnages, dont un cheval.

















L'homme qui murmurait à l'oreille des Chevaux, un film produit et réalisé par Robert Redford, sorti en 1998.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD.



L'homme qui murmurait à l'oreille des Chevaux, un roman de Nicolas Evans.
Paru aux éditions Albin Michel (1996), disponible en édition de poche.

A noter qu'un documentaire (que je n'ai pas vu), Buck, sorti en 2011, est consacré à Buck Branamman et à ses méthodes de chuchoteur.














Buck, un documentaire réalisé par Cindy Meehl, sortie le 17 Juin 2011.
Disponible en DVD/VOD et sur YouTube.

Pour les amoureux des grands espaces, sur ce site:

FILM: Les Chemins de la Liberté
FILM: La Tortue Rouge
ROMAN: Terre Lointaine











ESSAI & DOC: La vie secrète des Arbres

Voyage au cœur de la société des Arbres, à la rencontre d'un univers familier mais méconnu, pour une fabuleuse ode à l'intelligence collective végétale ...


La vie des Arbres.
Des traductions dans plusieurs dizaines de langues.
Des millions d'exemplaires vendus.
Des millions de lecteurs à travers le monde.
Voilà qui est rassurant, car plus que jamais, ce livre change notre rapport aux arbres, à la forêt, à la nature en général et au vivant, à travers un voyage dans un univers familier que nous connaissons finalement assez mal. Peter Wohlleben, l'auteur, vit en Allemagne. Il a travaillé pendant plus de vingt ans dans une forêt, vingt années passées à observer la société des Arbres. Il la connait bien, et à travers ce livre, il partage avec son lecteur le fruit de ses découvertes et de ses réflexions. L'auteur nous raconte comment les Arbres naissent, grandissent, vivent, souffrent, communiquent entre eux, comment ils se défendent contre les agresseurs, s'entraident les uns et les autres, et, à leur manière, comment ils pensent le monde. Leur intelligence collective et leur solidarité forcent notre admiration, et nous invitent à réfléchir à notre propre organisation d'être humain en société. La plume est vive, joyeuse, dansante, le discours passionnant, les explications scientifiques faciles d'accès. Mais surtout, le bonheur que prend son auteur à nous parler des Arbres est évident, et il nous le communique à chaque page. Et une fois ce livre refermé, notre regard sur la forêt n'est plus le même. Et une certitude s'impose: nous avons beaucoup à apprendre des Arbres.

Sans doute LE livre grand public sur les Arbres. Instructif et jouissif.

La vie secrète des arbres, un essai de Peter Wohlleben
paru aux Editions les Arènes en 2017.
http://www.arenes.fr/livre/vie-secrete-arbres/



A noter la sortie en salle d'un documentaire (que je n'ai pas encore vu) basé sur le livre.












L'intelligence des Arbres,  un documentaire réalisé par Guildo Tolke et Julia Dordel.
Sortie le 27 septembre 2017 au cinéma.

Sur ce site, pour les amoureux des arbres:

BD: Sauvage ou la sagesse des pierres
ROMAN: Le Journal Intime d'un Arbre
ROMAN: Terre Lointaine










11 septembre 2017

FILM: Et au milieu coule une Rivière

Montana, début du siècle. Un pasteur inculque à ses enfants sa philosophie de vie à travers sa passion pour le pêche à la mouche ...



À travers l'histoire de ce pasteur et de ses deux fils unis par leur passion commune pour la pêche à la mouche, Robert Redford, grand amoureux de l'Amérique des grands espaces, nous offre sans doute son film le plus personnel. Inspiré d'une nouvelle de Norman MacLean, La rivière du Sixième Jour, le réalisateur s'offre un luxe rare, celui de prendre son temps pour nous laisser nous imprégner des bienfaits de ce rapport entre l'Homme, la rivière et la nature environnante.
Le père, interprété par Tom Skerritt, à la fois dur et généreux, Brad Pitt, dans l'une de ses premières apparitions au cinéma, et tous les autres rôles principaux nourrissent cette saga familiale en la rendant à la fois sobre et émouvante.
Mais la grande force du film réside avant tout dans la philosophie de vie du père, inspirée par un mouvement nord-américain du début du XVIIe siècle initié par Izaac Walton, qui est ici davantage suggérée qu'imposée, ce qui laisse l'espace au spectateur pour se l'approprier, dans sa totalité ou en partie seulement, à son rythme, sans avoir l'impression d'assister à une démonstration démagogique pesante. Presque deux cents ans avant Thoreau, cette pensée qui associe philosophie, religion, rapport à la nature et pêche à la mouche se révèle aujourd'hui incroyablement avant-gardiste. 

Une ode à la famille et à la vie au contact de la nature. Dépaysant et apaisant.

Et au milieu coule une Rivière (A River through it), un film de Robert Redford sorti en 1992.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD.







29 août 2017

ROMAN: Les Jours, les Mois, les Années

Quelque part en Chine, par une insoutenable canicule, un vieux paysan et son chien aveugle se battent pour cultiver le dernier plant de maïs à avoir survécu...


Les Jours, les Mois, les Années est un conte poético-philosophique sombre de Yan Lianke, romancier chinois contemporain, auteur d'une douzaine de romans.
Lorsque les habitants de son village fuient la sécheresse qui s'abat sur la région, un vieil homme au crépuscule de sa vie décide de rester sur place pour sauver l'ultime plant de maïs encore vivant dans toute la vallée. Les Jours, les Mois, les Années raconte au quotidien l'ultime combat de sa vie pour offrir des graines à son peuple lorsqu'il reviendra de son exode forcé. Accompagné d'un chien devenu aveugle d'avoir trop fixé le soleil pour le supplier de céder sa place à la pluie, le vieux paysan va, un peu à la Jean de Florette, parcourir des distances indécentes pour trouver de l'eau, affronter la violence de milliers des rats affamés, et être confronté à l'apparition d'une étrange meute de loups.
Le comportement des animaux, les conversations entre le chien et son maître, sa dévotion totale pour son plant de maïs, ses solutions pour survivre à la famine ... Rien n'est réaliste dans cette œuvre singulière au plus près des éléments naturels. Au fil des pages, le roman prend toute sa dimension allégorique en nous invitant à une réflexion sensitive sur la vieillesse, le rapport à la mort, et le cycle de la vie. L'histoire de cet homme solitaire et de son combat dérisoire est dure, âpre, parfois proche de l'insupportable, mais elle véhicule un message universel d'une beauté poignante.

Un oeuvre singulière, à la fois âpre et lumineuse. Un hymne vibrant à la vie.

Les Jours, les Mois, les Années, un roman chinois de Yan Lianke
Première parution en France en 2009.
Disponible aux éditions Philippe Picquier

Sur ce site, pour les amateurs de personnages solitaires:


 











21 août 2017

FILM: The Big Trail / La Piste des Géants

La conquête de l'Ouest, dans l'une de ses toutes premières adaptations cinématographiques.

Sur les rives du Mississippi, des milliers de pionniers se préparent pour partir pour des mois d'errance dans l'Ouest sauvage américain. Coleman, un jeune trappeur, décide pour des raisons personnelles de les guider à travers les plaines, les déserts, les montagnes et les forêts qui les séparent de la terre promise ... 
Le scénario de La Piste des Géants n'est pas essentiel dans l'intérêt réel que suscite ce film. Depuis sa sortie à la fin des années 20, les codes de l'écriture cinématographique ont beaucoup changé, et l'histoire de ce trappeur au grand cœur est forcément un peu datée, tout comme les enjeux dramatiques qui restent trop naïfs pour nous concerner vraiment. Mais l'intérêt de ce film est ailleurs, essentiellement dans la qualité de sa reconstitution historique.
Car La Piste des Géants a pour ambition de raconter la Conquête de l'Ouest, cette période de l'histoire américaine durant laquelle des pionniers prêts à prendre tout les risques se lançaient à la recherche de nouvelles terres au-delà la Frontière qui séparait le monde dit civilisé des terres (encore) indiennes. Pour cette fresque grandiose, Raoul Walsh, le réalisateur, a eu les grands moyens: la caravane est dense, les chariots sont nombreux, les figurants innombrables, les décors variés et spectaculaires. Ce voyage dans les contrées sauvages de l'Ouest américain est bluffant de réalisme, d'autant plus lorsque l'on remet son film dans le contexte historique. Car La Piste des Géants est sans doute la première grande production de l'histoire du cinéma consacrée à cette période de l'Histoire, et peut-être le premier film sur le rapport entre l'homme et la nature. Sa fabrication a nécessité plusieurs mois de tournage dans les mêmes décors que les ancêtres des comédiens et des techniciens avaient traversé un siècle plus tôt pour aller s'installer à Hollywood. Si le film restitue de manière captivante cette lente progression de la caravane, il était surtout destiné à l'époque à redonner le moral à une Amérique meurtrie par la crise de 1929, en lui rappelant sa grandeur et ses conquêtes passées. La Piste des Géants est aussi l'occasion de découvrir les débuts d'une future icône hollywoodienne, le comédien John Wayne, dans son premier premier rôle au cinéma. Il ne se doutait sans doute pas à l'époque que ce rôle de trappeur bienveillant allait lui offrir une carrière de presque 50 ans à Hollywood. Pourtant, tout était déjà là dans ce personnage de cow-boy bienveillant et courageux.

Un témoignage historique (et artistique) d'une autre époque. Fascinant.

The Big Trail, un film de Raoul Walsh de 1930.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD et en lecture libre sur YouTube.




Sur ce site, pour les amateurs d'histoire sur la conquête de l'Ouest: