Wales & Divers

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Anuar Patjane Floriuk / National Geographic Traveler Photo Contest

26 février 2017

ROMAN: Rendez-vous avec Rama

2130. Les radars terrestres repèrent un gigantesque vaisseau spatial dans le système solaire qui se dirige vers la Terre. Une équipe de scientifiques part à sa rencontre et découvre à l'intérieur un nouvel écosystème et les traces d'une civilisation disparue...




Rendez-vous avec Rama est avant tout un roman de science-fiction écrit par l'un des maîtres du genre, Arthur C. Clarke, le papa entre autres de 2001: l'odyssée de l'espace. Le vaisseau spatial qui entre dans les système solaire et se dirige droit vers la Terre se révèle être un gigantesque cylindre renfermant un écosystème endormi par le froid, et qui va se réveiller au fur et à mesure que le vaisseau se rapproche du soleil ... La particularité de Rendez-vous avec Rama réside dans la minutie avec laquelle l'auteur s'intéresse à cet écosystème mystérieux. La faune et la flore qui y vivent sont à la fois proches des nôtres, et totalement différentes. Petit à petit, nous découvrons avec les scientifiques de l'expédition les merveilles de Rama, l'occasion d'un voyage documenté et poétique dans une autre nature que la nôtre. Une expérience unique et savoureuse. 

Le mariage réussi de la science-fiction et du nature writing. Unique.

Rendez-vous avec Rama, un roman d'Arthur C. Clarke
Première édition en 1973. Disponible dans de nombreuses éditions.





Le Cycle de Rama:
Rendez-Vous avec Rama (1973)
Rama 2 (1989)
Les Jardins de Rama (1991)
Rama Révélé (1993, avec Gentry Lee)




25 février 2017

FILM & ESSAI: Into The Wild

Un livre (et un film) retraçant l'histoire vraie de Chris McCandless, jeune américain ayant tout abandonné pour se perdre et se retrouver dans la nature...












Alexander McCandless, alias Alexander Supertramp, disciple de Thoreau, de London et de Tolstoï, décide à la fin de ses études de bruler sa carte bleue, et de renoncer à la société pour être au plus proche de la vérité, celle des grands espaces et des rencontres inattendues.
La principale particularité d’Into The Wild est de s’inspirer d’une histoire vraie, ce qui renforce l’intérêt pour cet incroyable récit à ciel ouvert, qui fait maintenant pleinement partie des classique du nature writing. Le livre à l’origine du film n’est pas un roman mais un compte rendu de l’enquête de son auteur, le journaliste Jon Krakauer qui, après la mort d’Alexander McCandless, a cherché à comprendre sa philosophie de vie, et à retracer son parcours. Son travail au plus près de la vérité se ressent à chaque page.

Si le film prend quelques libertés avec le livre dont il est inspiré, il respecte dans les grandes lignes la véritable histoire d’Alexandre McCandless. A un détail prés : il sous entend parfois que le personnage avait dans son extrémisme des envies de suicide, ce qui le livre dément formellement. Pour le reste, la réalisation de Sean Penn donne la part belle aux paysages grandioses de l’ouest américain et à des personnages touchants qui, les uns après les autres, construisent la légende d’Alexandre Supertramp en nourissant son évolution. L’interprétation du comédien principal, Emile Hirch, qui s’est beaucoup investi dans la préparation du tournage, apporte une lumière et une crédibilité saisissantes au personnage central d’Into The Wild.
Avec la sensation à travers son voyage qu'Alexander accède à une vérité essentielle sur le sens de la vie dont nous avons tous conscience au fond de nous mais que nous avons oublié: nous sommes avant tout les membres d'un grand tout que l'on appelle nature.
A noter, cerise sur la gâteau, la magnifique bande originale signée Eddie Vedder.

Un film habité et en apesanteur, et un livre encore meilleur.


Voyage au bout de la solitude (Into the Wild), un essai de Jon Krakauer
Presses de la Cité, 1997 (ISBN 3492227082)


Into The Wild, un film de Sean Penn, sortie 9 Janvier 2008
Disponible en DVD/BlueRay/VOD






24 février 2017

FILM: All is Lost

Le combat pour sa survie d'un navigateur solitaire sur un voilier endommagé suite à une collision...




Voir Robert Redfort, (vraiment) seul sur un bateau, sa gueule d’ange burinée par les années, se battre contre l’adversité pendant plus de deux heures, est déjà en soi un vrai moment de cinéma. La mise en scène, époustouflante dans certaines séquences, nous immerge pleinement dans cette lutte pour la survie, ce qui est d'autant plus étonnant lorsque l'on sait qu’un certain nombre de scènes ont été tournées en studio, et truffées d’effet spéciaux invisibles. Pourtant, nous sommes pleinement avec cet homme qui, au crépuscule de sa vie, seul sur son voilier endommagé, refuse de lâcher prise et qui, grâce à son expérience de la mer et son instinct de survie, surmonte les unes après les autres les épreuves que l'océan fait déferler sur lui.

Arrêtez le film trois minutes avant la fin, et vous aurez vu un petit chef d’œuvre.
Choisissez de le voir jusqu’au générique, et vous aurez vu un très bon film.

Un huis clos à un seul personnage à ciel ouvert, iodé et intense.

All is Lost, un film de J.C. Chandler, sorti en 2013.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD







ROMAN: Le bateau qui ne voulait pas flotter.

Bien décidé à prendre la mer en direction des Caraïbes, un homme achète une goélette qui va se montrer très décidée à lui compliquer singulièrement la vie ...




La bateau qui ne voulait pas flotter, récit autobiographique sans doute assez fidèle à sa véritable histoire, raconte la relation fusionnelle et passionnelle entre l'auteur, Farley Mowat, et sa goélette, Fleur de Passion, sur une douzaine d'années.
Milieu des années 60. Sur un coup de tête, l'auteur décide d'acheter son propre voilier pour aller jouir de la chaleur tropicale des Caraïbes, mais l'intéressée, Fleur de Passion, n'est pas d'accord: dès qu'il l'oblige à faire cap à l'Est, elle prend l'eau de manière aussi inexorable qu'inexplicable. Si elle ne coule jamais véritablement, c'est au prix d'un combat sans relâche de son propriétaire, qui devient assez rapidement un expert en pompe à cale .... Le ton est donné.
Le Bateau qui ne voulait pas flotter est une histoire d'amour drôle et savoureuse entre un homme est son bateau, traitée de manière poétique et presque surnaturelle par moment, tant la goélette devient un personnage à part entière, avec son caractère (de cochon) et son indépendance (relative). Souvent bornée, rarement compréhensive, et toujours capricieuse, Fleur de Passion est la véritable héroïne de ce roman.
Embarquer donc pour suivre cette belle historie d'amour, et partez avec eux à la découverte de l'est canadien, à l'embouchure du Saint-Laurent, entre le Québec et Terre-Neuve, dans une région à la fois très isolée, haute en couleur et globalement assez peu connue.

Une histoire d'amour maritime dans les eaux glacés de Terre Neuve. Drôle et immersif. 

Le bateau qui ne voulait pas flotter, un récit de Farley Mowat.
Editions Gallimard, 2015 - Collection folio




















Sur ce site, pour les amoureux de la mer:


FILM: All is Lost           
FILM: En Solitaire        
BD: Un Océan d'Amour           



ROMAN, FILM & DOC: The Revenant

Fin XIXe, au début de la conquête de l'Ouest. Le combat pour sa survie d'Hugo Glass, chasseur de fourrures, laissé pour mort seul dans la forêt par ses compagnons d'expédition ...




Un roman et un film, portés par deux regards finalement assez différents, pour ce qui restera comme une des rares adaptations cinématographiques d'un classique de la littérature à la hauteur de l'œuvre originale.
Le roman de Michael Punkeplus récent qu'on pourrait le penser, est avant tout un roman historique, qui relate les aventures d'Hugo Glass, personnage légendaire américain qui nourrit depuis des générations les longues soirées au coin du feu. Le récit nous plonge au milieu du XIXe siècle, à l'époque des pionniers de la conquête de l'Ouest, et s'intéresse en particulier aux chasseurs de peaux qui risquaient leur vie dans des conditions extrêmes pour gagner chichement leur vie. Nous suivons donc l'histoire d'Hugo Glass, laissé pour mort seul dans la forêt. Sa volonté inébranlable de survie le fera entrer dans la légende de l'Ouest. Si Hugo Glass est le personnage principal du roman, Michael Punke s'intéresse à tous les autres personnages de manière assez équilibrée, ce qui ne sera pas le cas dans le film. Il prend le temps de nous raconter leur vie, leur parcours jusqu'au drame qui les relie les uns aux autres, de manière réaliste et érudite. Ce voyage à la fois humain et historique se révèle passionnant d'un bout à l'autre, jusqu'à la résolution du drame, traitée avec fatalisme et douceur.
Le film inspiré de The Revenant est à la hauteur du roman, sans doute parce qu'il emprunte une autre voie. Alejandro Innaritu, son réalisateur, nous plonge dans un récit plus violent, dans un véritable film de survie, auquel il  y ajoute une dimension mystique et spirituelle due au long séjour de son héros chez les Indiens. Il lui invente un fils métis, dont la mort devient la véritable cause de sa soif de vengeance, et donc de sa lutte pour sa survie. Et de ce point de vue, le film est à la hauteur de nos espérances: nous sommes vraiment avec Hugo Glass, into the wild, dans l'instant présent, pour une démonstration de survie à ciel ouvert dans des conditions vraiment extrêmes. Tout d'un coup, cet Ouest américain objet de tous les fantasmes devient âpre, douloureux, et tellement loin de tout. 
Le film est porté par l'incroyable prestation de Léonardo Di Caprio, mais peut-être plus encore par les seconds rôles, tous épatants, avec à leur tête un Tom Hardy ahurissant, et un ours stupéfiant. La réalisation en longs plans-séquences de Alejandro Innaritul'incroyable travail à la lumière du chez opérateur Emmanuel Lubezki la musique sobre et habitée de Ryuichi Sakamoto et Alva Notofont de The Revenant un film audacieux et jusqu'au-boutiste, comme le cinéma n'en produit que rarement depuis la fin de l'âge d'or des années 70. La fin, plus violente que dans le roman, et l'ultime regard d'Hugo Glass à la caméra semblent nous interroger, nous spectateur, sur notre propre capacité à survivre à cette nature magnifique et hostile.
Quelques mots sur le making of, lui aussi plutôt réussi, et qui revient sur la portée historique et ethnologique du film, en le ramenant à une oeuvre sur les débuts de l'impérialisme capitaliste outrancier, à travers les débuts du pillage des richesses de la nature (les fourrures) sur les territoires des Indiens natifs. Ces précisions éclairent le film sous un angle nouveau qui le rend encore plus passionnant.

Un film et un roman captivants, sur une époque et sur la survie en milieu naturel hostile. Deux voyages âpres et profonds.

The Revenant, un film d'Alejandro González Iñárritu sorti en février 2016.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD








The revenant, un roman de Michale Punke.
Première éditions au Etats Unis en 2002.
Edition française Presse de la Cité 2015.
Disponible en livre de poche. 







  

ROMAN ILLUSTRE: L'Appel de la Forêt

Les aventures de Buck, chien domestique de la ville, qui va revenir à la vie sauvage dans le Yukon.


Histoire universelle que celle de ce chien de la ville qui, suite à un enlèvement, se retrouve dans les forêts glacées du Yukon et va finir au terme de nombreuses épreuves par y trouver sa place. Et l'allégorie fonctionne. Le parcours de Buck raisonne en nous comme une projection de notre propre envie de retour à la nature. Jack London ne nous épargne pas: la vie dans dans cet environnement extrême est cruelle, violente, l'autre représente presque toujours une menace, et la forêt est décrite comme une jungle sans pitié où seuls les plus forts survivent. Et pourtant, nous avons tous envie de faire comme Buck, de tout abandonner pour nous confronter à ce milieu originel, de réveiller enfin notre instinct animal et de vivre au plus prés de l'essentiel, à la recherche d'une vérité qui se trouve forcément quelque part dans ce rapport cru et direct avec la nature. 

Le classique universel et absolu du maître Jack London, dans une édition illustrée soignée et élégante.

L'appel de la Forêt, un roman de Jack London, livre illustré (Editions Sarbacane, 2015)












L'appel de la Forêt, un roman de Jack London
(Première parution en 1903, disponible dans de nombreuses éditions)







23 février 2017

FILM: Délivrance

Quatre Américains de classe moyenne descendent une impétueuse rivière située au nord de la Géorgie pour rendre  un dernier hommage à une nature sauvage et condamnée par la construction d'un futur barrage ...



Oui, le film est peu un daté, très années 70.
Mais il n'en reste pas moins une belle première heure de descente de rivière en canoë, suivi d'une scène d'anthologie qui a sa place dans les annales du cinéma. Le propos est d'actualité, puisque ces quatre citadins décident de rendre hommage à une rivière condamnée par l'expansion humaine. Les personnages sont trempés, la situation bien posée, et même si aujourd'hui le film ne fait plus aussi peur qu'à l'époque, il reste le fier représentant d'un cinéma qui n'existe que trop rarement sur nos écrans aujourd'hui. 

Une ballade sur l'eau et une scène d'anthologie. Dépaysant et efficace.

Délivrance, un film de John Boorman, sorti en 1972
Disponible en DVD/BlueRay/VOD







22 février 2017

FILM: Les chemins de la liberté

1940. Sept prisonniers s'échappent d'un goulag sibérien en plein hiver ...











Inspiré d'une histoire vraie quelque peu controversée, Les Chemins de la Liberté raconte le voyage de sept évadés d'un camp de travail soviétique entre le nord de la Russie (l'URSS à l'époque) et l'Inde. Ce film, passé un peu inaperçu lors de sa sortie, détient sans doute le record de distance du plus long road movie à pied de l'histoire du cinéma: 6000 kilomètres, avec au programme les froids extrêmes des forêts sibériennes, les interminables plaines de Mongolie, la fournaise du désert de Gobi, les cols élevés de l'Himalaya, pour finir dans les vallées verdoyantes du nord de l'Inde.
Loin d'être une promenade bucolique à travers des paysages à couper le souffle, le film nous entraîne dans une longue marche âpre et douloureuse, à laquelle tout le monde ne survivra pas. Au fur et à mesure que les évadés progressent, les personnalités se dévoilent, avec leurs forces et leurs faiblesses. Mais, malgré leurs différences, ils devront rester unis pour survivre à cette longue marche. La grande force du film réside dans le bel équilibre entre l'évolution des personnages et des relations internes dans le groupe, et leur combat pour survivre aux épreuves que la nature leur impose. Grâce à ce savant mélange, cette aventure hors du commun reste passionnante jusqu'à la dernière seconde.

6000 kilomètres à pieds entre la Sibérie et l'Inde. Profondément humain et dépaysant. 

Les Chemins de la Liberté (The Way Back), un film de Peter Weir sorti en 2010.
Inspiré librement du roman A Marche Forcée de Slawomir Rawicz.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD.







21 février 2017

FILM: L'Assassinat de Jesse James

Les derniers mois de la vie de Jesse James, et sa rencontre avec Robert Ford, son futur assassin, dans l'Ouest américain de la fin du 19ème siècle.


La fin de la vie de Jesse James, bandit notoire poursuivi par la justice, sa tête mise à prix excitant toutes les convoitises, conscient que l'heure de sa mort se rapproche, et qui va organiser son propre assassinat à travers sa rencontre avec Robert Ford.
Le film traite avant tout du rapport à la vieillesse, à une époque où le troisième âge commençait à partir de 35 ans. Brad Pitt, dans l'un de ses meilleurs rôles, interprète un Jesse James usé par les années et une vie de violence, qui s'interroge sur le véritable sens de sa vie. Face à lui, Casey Affleck interprète un Robert Ford candide, ambitieux et ambigu, fasciné le charisme de cette légende de l'Ouest américain, et profondément jaloux de la légende qu'il a réussi à construire.
Au-delà de cette thématique universelle, la principale vertu du film se trouve ailleurs, dans l'utilisation des grands espaces comme un personnage à part entière. La nature, âpre et omniprésente, use les hommes. De longues séquences d'errance silencieuse témoignent de l’immensité des lieux, et nourrissent le parcours intérieur des personnages. Ce rapport forcé avec l'immensité des grands espaces plonge Jesse James dans des réflexions métaphysiques sur sa vie, son œuvre, ses responsabilités morales, et le retour à la nature au sens premier du terme, où la mort peut être vue comme le moment où le corps et l'âme sont rendus à la nature. En mettant en scène sa propre fin, Jesse James se libère d'un passé devenu trop pesant, met fin à ses douleurs physiques d'homme vieillissant, et à ses souffrances psychologiques. Mais surtout, il écrit lui-même le dernier chapitre de sa légende.


Une oeuvre forte sur la fin de vie et le rapport aux grands espaces. Un chef d'oeuvre méconnu.

The Assassination of Jesse James by the coward Robert Ford, un film de Andrew Dominik, inspiré du livre de Ron Hansen.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD









20 février 2017

BD: Retour à la terre

Mariette et Larssinet, citadins de naissances, décident de s'installer à la campagne. Une fois sur place, ils vont devoir tout réapprendre ...


Roman dessiné autant que récit autobiographique (Manu Larcenet, le dessinateur, a pris la même décision dans sa vie), Retour à la Terre raconte le quotidien et les états d'âme d'une couple de parisiens pris d'une soudaine envie de campagne. Cette mise en abime de la vie de l'un des l'auteurs rend chaque situation troublante de réalisme, souvent touchante, et toujours pertinente. Traité avec humour et beaucoup de second degré, Mariette et Larssinet offre un guide pratique joyeux et complet de la vie loin de la ville. Les dessins, colorés et travaillés, participent à la poésie qui se dégage de cette oeuvre singulière. Au fur et à mesure que l'on avance dans les volumes (5 au total), le récit s'éloigne de son sujet initial pour devenir une chronique d'un couple de trentenaires sans perdre de son authenticité et de sa nostalgie joyeuse.

Pour ceux qui n'osent pas franchir le pas. Sensible et rafraichissant.

Retour à la Terre, un bande dessinée de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri en 5 volumes, paru à partir de 2002.
Editions Dargaud, collection Poisson Pilote.













9 février 2017

BD: Saison Brune

Un auteur de bande dessinée décide de consacrer sa prochaine création au réchauffement climatique et nous invite à le suivre dans ses recherches ...




Saison Brune est une bande dessinée engagée qui dresse le bilan écologique de l'état de notre planète, et qui tire le signal d'alarme de manière documentée, pertinente, et constructive, en s'intéressant tout particulièrement au problème des émissions de gaz à effets de serre dans notre atmosphère. Son mode de narration est original. Philippe Squarzoni, son auteur, à la recherche d'un sujet pour sa nouvelle création, décide de s'intéresser au réchauffement climatique. Comme il n'y connait pas grand-chose, il s'engage dans de longues recherches sur le sujet et nous les offre sous forme de carnet de voyage imagé à travers les planches de cette bande dessinée. Le récit s'appuie sur une alternance de chapitres pédagogiques riches en explications scientifiques et en données statistiques, souvent accompagnés de comptes rendus d'entretien avec des spécialistes, avec des parties plus personnelles, plus poétiques, des morceaux choisis de la vie personnelle de l'auteur et de son épouse qui lui permettent de nous faire part de ses (leurs) questionnements et de ses (leurs) états d'âme au fur et à mesure de l'avancée de ses (leurs) recherches. Le procédé fonctionne bien, même s'il ne soulage pas totalement le lecteur de la sensation d'être en face d'une démonstration scientifique un peu didactique et répétitive. La densité des informations transmises dans cette bande dessinée volumineuse (480 pages !) et sa construction par thématiques nous incite vite à la lire par chapitres plutôt que d'une seule traite. Les spécialistes n'y apprendront rien de plus que ce qu'ils savent déjà, les débutants se laisseront sans doute rebuter par l'ampleur de l'œuvre, mais les autres y trouveront de quoi mieux comprendre la situation actuelle et les risques à venir.

Un documentaire sous forme de bande dessinée pour mieux appréhender notre situation écologique. Dense et essentiel. 

Saison Brune, bande dessinée de Philippe Squarzoni (Editions Delcourt, 2012)
Cette bande dessinée a reçu le prix Léon de Rosen de l'Académie Française pour avoir contribué à une meilleur compréhension et à la diffusion de valeurs que recouvre la notion de respect de l'environnement.






















Ceux qui préfèrent l'image vivante au dessin pourront se rabattre sur Une Vérité qui dérange, le documentaire de David Guggenheim (et Al Gore), qui traite du même sujet et pourrait  presque être regardé comme l'adaptation en documentaire de Saison Brune.
Le film est un peu daté (2006), dans sa forme comme dans ses chiffres, mais l'essentiel de son discours est malheureusement toujours d'actualité.

Une vérité qui dérange, documentaire de David Guggenheim, 2006 (1h38)