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31 décembre 2016

ROMAN: Le Journal Intime d'un Arbre

Tristan, poirier plusieurs fois centenaire tout juste abattu par une tempête, revisite sa vie, et ses rapports avec les Hommes ...














Journal intime d'un arbre est un roman qui ne ment pas sur son contenu. Comme promis par son titre, il nous offre, à la première personne du singulier, les états d'âme d'un arbre au crépuscule de son existence, qui revisite trois cents ans de sa vie. Le concept fonctionne plutôt bien, à un détail près, malheureusement essentiel à mes yeux: l'auteur a choisi de s'intéresser à un poirier installé dans la cour d'une ferme, plutôt qu'à un arbre vivant dans un milieu sauvage. Ce parti pris légitime et néanmoins intéressant entraine le récit à s'intéresser davantage au fonctionnement du monde des hommes que sur sa vie de végétal dans son environnement naturel. Le regard qu'il porte sur notre monde est souvent pertinent, parfois critique, mais toujours bienveillant, et finalement assez sage, voire académique. Les amateurs de belle littérature apprécieront la qualité de l'écriture, mais ceux qui comme moi espéraient une aventure extrême et engagée sur la vie d'un arbre dans un milieu sauvage resteront un peu extérieurs à cette histoire finalement assez humaine. 
Malgré ces réserves (très subjectives, je le reconnais), Journal intime d'un arbre nous offre une jolie histoire, originale et enlevée, qui porte en elle une idée essentielle: les arbres aussi ont une âme. Et la nature sans doute une conscience. 

Un regard original sur le monde des hommes, du point de vue d'un arbre. 

Journal intime d'un arbre, un roman de Didier Van Cauwelaert,
disponible aux éditions Michel Laffon.



















Sur ce site, pour les amoureux des arbres:

BD: Sauvage ou la sagesse des Pierres
ESSAI: La vie secrète des Arbres
ROMAN: Terre Lointaine



30 décembre 2016

DOC: La Vallée des Loups

Un homme, persuadé que les loups ont fait leur retour dans une vallée perdue des Alpes, part à leur recherche ...



Attention: le film est bien meilleur qu'elle ne le laisse présager la bande-annonce. La Vallée des Loups est un vrai documentaire, élégant et habité, qui nous invite dans une nature réellement sauvage française, ce qui n'est pas si fréquent, et très agréable.

Réalisateur de documentaire, Jean-Michel Bertrand se met en scène dans ce documentaire consacré à ses deux années passées à arpenter inlassablement une vallée isolée du sud du parc de la Vanoise. Et ce dispositif simple fonctionne. Notre héros (et donc notre réalisateur) explore chaque recoin de cette immense vallée, sac sur le dos, jumelles en bandoulières, sous le soleil, sous la pluie ou sous la neige, en été comme en hiver,  à la recherche d'une hypothétique meute de loups qui s'y serait installé. Les images sont souvent magnifiques, comme la musique, et le soliloque du personnage principal plutôt intéressant. Le film aurait sans doute pu s'en passer, mais reconnaissons qu'il ne nuit pas à notre plaisir, ce qui est rarement le cas dans ce genre de procédé narratif. 
Au fur et à mesure que sa stratégie s'affine, notre explorateur infatigable installe des caméras automatiques dans des lieux supposés de passage, et les relève de temps en temps, non sans prendre le temps de nous montrer le résultat à l'image: des sangliers passent devant l'objectif fixe, des renards, des cerfs, des bouquetins ... Mais, pendant près de la moitié du film, point de loup.
Alors que film s'étire un peu, notre patience est mise à l'épreuve, mais la générosité du réalisateur/héros dans sa quête, sa patience (presque) infinie, et sa pugnacité face à l'adversité forcent suffisamment notre admiration pour nous maintenir à ses côtés. Et lorsque les images des loups arrivent enfin, magnifiques et troublantes, elles sont autant sa récompense que la nôtre. 

Un documentaire en immersion élégant et habité. Une vraie réussite.

La Vallée des Loups, un documentaire de 90' de Jean Michel Bertrand, sortie le 4 janvier 2017.




Sur ce site, pour les amateurs de documentaires animaliers:













11 décembre 2016

FILM: La Dernière Piste

Trois chariots de colons perdus dans la nature pendant la conquête de l'Ouest.

















Une rivière qui s'écoule lentement.
Un premier chariot la traverse, à son rythme. 
Puis un second.
Puis, beaucoup plus tard, un troisième, un peu à la traîne.
L'image est presque carrée, la caméra fixe, le son naturaliste, les dialogues minimalistes. 
Avec ce long plan-séquence qui ouvre le film, le ton est donné. 

La Dernière Piste fascine avant tout par son jusqu'au-boutisme.
Chez Kelly Reichardt, réalisatrice de films indépendants soutenue depuis ses débuts par le festival de Sundance, pas de compromis ni de soumission à une quelconque facilité. Pendant plus de deux heures, elle nous invite à suivre trois chariots et leur demi-douzaine d'occupants pour une lente errance dans les prairies de l'Ouest américain, et rien d'autre. Pas de rencontre avec d'autres pionniers, ni de ravitaillements en ville, ni de lumière qui brillent au loin dans la nuit. Ils sont seuls, livrés à eux-mêmes, et nous avec eux.
Le film est lent, contemplatif de paysages volontairement mornes et répétitifs. En prenant son temps, la réalisatrice nous en offre. Certains refuseront sans doute ce rythme particulier, mais ceux qui l'accepteront entreront dans une transe hypnotique dans laquelle le temps se déforme, et la perception sensorielle des images et des sons est exacerbée.
Durant les premières scènes, le choix d'une image très "carrée" (4/3) perturbe un peu, mais, petit à petit, ce choix audacieux et surprenant pour un film de grands espaces prend tout son sens. La réalisatrice n'est pas là pour nous offrir une ballade touristique dans les magnifiques paysages, mais pour nous imposer un voyage âpre et angoissant dans des décors immenses, monotones et inconnus. Et cela fonctionne. La tension est là, palpable, toujours plus intense. Le danger, animal ou humain (comprendre indien), peut surgir à tout moment, derrière chaque colline, au bout de chaque virage. Avec cette image carrée, nous sommes comme les pionniers que nous suivons, nous ne maitrisons que ce qui est juste à proximité d'eux. Tout le reste est inconnu et danger. 
Et lorsqu'un Indien, perdu lui aussi, croise leur chemin, le film devient moins naturaliste pour se consacrer à une thématique humaine universelle: la peur de l'autre, de l'inconnu, de l'étranger.
Un sujet plus que jamais d'actualité. 

Un film minimaliste et âpre sur le rapport entre l'Homme et les grands espaces.

La Dernière Piste / Meek's cutoff, un film de Kelly Reichardt, sorti en 2010.
Disponible en DVD/Blue Ray/VOD




Sur ce site, pour les amoureux des films contemplatifs:

FILM: La Tortue Rouge
DOC: Two Years at Sea
FILM: Le Mur Invisible




1 décembre 2016

DOC: Demain

Un voyage au quatre coins de la planète à la rencontre de pionniers qui innovent en matière d'économie, d'énergie, d'agriculture, de démocratie et d'éducation. Des idées pour un meilleur monde.



Dès le début du film, le ton volontaire et optimiste de ce documentaire altermondialiste d'un nouveau mode nous fait du bien. Plutôt que de dresser un énième bilan sombre et pessimiste de notre situation écologique et de nos perspectives peu réjouissantes d'avenir, les réalisateurs et leur petite équipe proposent des solutions concrètes pour améliorer notre quotidien et construire un futur viable, avec en filigrane un message à la "Yes we can" clair et assumé. Et ce message, au-delà des promesses qui seront tenues (par le film) et de celles qui le seront moins, fait du bien à entendre. On sort de ce voyage aux quatre coins de la planète à la rencontre d'individus qui sont en train de révolutionner (plus ou moins) leur manière de vie en croyant que tout est (peut-être encore) possible, ce qui est déjà un beau cadeau.
Et pour répondre à la polémique du moment, le projeter dans toutes les écoles primaires serait forcément une bonne initiative.

Un documentaire résolument optimiste et constructif présentant des solutions concrètes en matière de préservation de l'environnement.


Demain, documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent (sortie le 2 décembre 2015)
Disponible en DVD / VOD








24 novembre 2016

FILM: La Vie Pure

L'histoire (réelle) de Raymond Maufrais, jeune explorateur français de 23 ans parti en 1949 en expédition solitaire dans les forêts de Guyane à la recherche d'une tribu indienne encore inconnue ...



Le cinéma français (comme la littérature) traitant trop rarement du rapport entre l'homme et la nature, il était impossible de ne pas saluer l'existence de ce film (français, donc) dans ce blog, mais malgré un titre plus que prometteur, le film ne tient pas toutes ses promesses, loin de là.
Plutôt que de s'intéresser de la quête de la vie pure, que ce soit d'un point de vue métaphysique, spirituel ou même altermondialiste, l'auteur/réalisateur choisit une autre thématique, l'obstination de son héros à aller au bout de ses rêves, coûte que coûte.  Nous assistons donc à l'aventure humaine touchante d'un jeune homme prêt à tout sacrifier pour être le premier à entrer en contact avec une tribu indienne vivant au coeur de l'immensité de la forêt guyanaise, et au combat de son père pour le retrouver avant qu'il ne soit trop tard. Ce parti pris thématique, tout à fait légitime, n'en demeure pas moins surprenant lorsque l'on sait que le réalisateur est allé au bout de son propos en emmenant son équipe au coeur de la forêt originelle guyanaise, loin de la civilisation, pendant une assez longue période de tournage. 
Lorsque le héros finit par se retrouver livré à lui-même au coeur d'une nature dont il ne connait presque rien, le film devient subitement brutal, violent, presque douloureux à regarder. Cette dernière demi-heure du film, réaliste et plutôt convaincante, aurait sans doute été plus intéressante si elle avait été précédée d'une phase plus contemplative et plus spirituelle pour nous connecter avec la beauté et la puissance de la forêt, avant de nous la rendre âpre et forcément tragique.
Il n'en reste pas moins de très jolies séquences dans cette magnifique forêt guyanaise, qui mènent à une scène finale sublime, d'une poésie et d'une puissance métaphysique rare. On regrette alors que le film se termine, et surtout qu'il n'ait pas basculé plus vite dans cette véritable quête de la vie pure que le héros finit tout de même par atteindre.  

Quand le rapport à la nature se durcit. Inégal mais honnête et généreux. 

La Vie Pure, film français de Jérémy Banster, sorti le 25 Novembre 2015
Disponible en VOD, et le 25 décembre 2016 en BlueRay/DVD




10 novembre 2016

ROMAN: L'Enchanteur

La légende des Chevaliers de la Table Ronde, revisitée par Barjavel, et centrée sur le personnage de Merlin, enchanteur sylvestre dans une forêt de Brocéliande plus mythique et fascinante que jamais ...

Un roman à la fois classique et novateur. Une curiosité. 

L'Enchanteur, un roman de René Barjavel.
Première édition en 1984. Disponible chez Gallimard dans la collection Folio. 




25 octobre 2016

ROMAN: Robinson Crusoé

Suite au naufrage de son bateau, Robinson se retrouve seul sur une île déserte ...

Deux classiques du genre, dans deux versions aussi passionnante l'une que l'autre. Universel et indémodable.

Robinson Crusoé, de Daniel Defoe.
Première édition en 1719.
Disponible dans d'innombrables éditions.




Vendredi ou les Limbes du Pacifiques, de Michel Tournier.
Première édition en 1967 aux Editions Gallimard.
Grand Prix du Roman de l'Académie Française.
Existe aussi en version jeune public sous le titre Vendredi ou la Vie Sauvage.










9 octobre 2016

ROMAN: Gaïa

Alors nous continuons de maltraiter sa planète, la nature se rebelle et devient hostile à l'Homme ...

Un oeuvre dystopique originale et engagée. Parfois maladroit, mais toujours prenant. 

Gaïa, un roman de Yannick Monget (France Europe Editions 2006, réédition Bragelonne 2012)