Oldforest

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Mon nouveau roman, Oldforest, est disponible. Pour le commander, cliquez sur l'image.

15 février 2018

BD: Construire un Feu

Un homme et son chien, seuls dans le froid extrême du Klondike à l'époque de la ruée vers l'or...


Inspiré d'une nouvelle de Jack London, Construire un feu est un huis clos à deux dans le froid glacial de l'Alaska. La déambulation de cet homme et de son chien au milieu de la nature endormie par l'hiver, sobre et dépouillée, rythmée par la voix off du narrateur, nous rappelle l'importance du feu dans les conditions extrêmes. Portée par des dessins âpres et presque monochromes, il nous invite à une marche funeste loin de tout en parvenant à nous faire ressentir le froid même assis au chaud au coin de notre cheminée. 

Simple et immersif. 

Construire un feu, une bande dessinée de Christophe Chabouté, première édition en 2007.
Disponible dans la collection Vent d'Ouest des éditions Glénat (2016).




Sur ce site, pour les amoureux de BD:


 



30 janvier 2018

FILM: Jungle

Un guide et ses trois touristes se perdent dans une jungle sauvage sud-américaine.


Trois jeunes routards s'offrent les services d'un guide pour découvrir la forêt sauvage sud-américaine et ses mystérieuses tribus indiennes. Et bien sûr, les choses ne se passent pas comme prévu. Le groupe se scinde en deux, puis encore en deux, et notre héros se retrouve seul, pour une longue période d'errance et de survie dans la jungle...
Adapté du roman Back from Tuichi: the Harrowing Life-and-Death Story of Survival in the Amazon Rainforest, écrit par Yossi Ghinsberg qui nous raconte sa propre histoire, Jungle est un film honnête, crédible et plutôt âpre pour une production hollywoodienne. Dans le rôle principal, Daniel Radcliffe, Harry Potter himself, nous offre une performance dite "à Oscar" plutôt crédible, avec amaigrissement extrême et maquillage excessif.
Oui, c'est vrai, le film aurait gagné a être plus lent, plus spirituel, plus habitué, plus silencieux aussi. L'histoire comme son traitement restent très classiques, très grand public, mais Jungle se montre suffisamment authentique et engagé pour rester crédible du début à la fin sans jamais devenir ennuyeux, ce qui est déjà beaucoup. Et les paysages du Mont Tamborine dans le Queensland en Australie et du Parc National Madidi en Bolivie qui ont accueilli le tournage combleront les amateurs de paysages sauvages.

Un voyage plutôt authentique au cœur de la jungle sud américaine.

Jungle, un film de Greg McLean, sortie en 2017
Disponible en DVD/VOD/BlueRay



Sur ce site, pour les amateurs de survie en milieu naturel hostile:






24 janvier 2018

COURT METRAGE: Fox and the Wale

A consommer sans modération, un magnifique court-métrage, un petit chef-d'œuvre d'écopoétique.
(Remerciements à Clément F.)


Fox and the Wale, un film de Robin Joseph (12'), sorti en 2017.

Disponible sur Viméo et Youtube.
https://vimeo.com/237551523
https://www.youtube.com/watch?v=3nDWWY4_rNw


Bande annonce:


23 janvier 2018

FILM: Wild

Suite à une rupture amoureuse et au décès de sa mère, une jeune femme en souffrance plaque tout pour se lancer dans une longue randonnée dans l'Ouest américain...



Oui, il faut le reconnaitre, Wild est avant tout une incroyable publicité pour le Pacific Crest Trail, un chemin de randonnée qui longe l'océan pacifique depuis l'intérieur des terres entre le Mexique et le Canada. Le Pacific Crest Trail, le PCT pour les initiés, est à l'Amérique du Nord ce que le chemin de Compostelle est à l'Europe, dans une version américaine forcément plus longue, plus éprouvante, plus spectaculaire, et parfaitement laïque.
Au programme, 4200 kilomètres (entre quatre et six mois de marche selon le rythme de chacun) à travers le désert californien, les hauts sommets de la Sierra Nevada, les plaines de l'Oregon et les forêts humides de l'état de Washington, à travers une bonne demi-douzaine de parcs nationaux. Avec pour ceux qui parviennent au bout de leur peine, le titre de thru-hikers, l'équivalent d'une Palme d'Or à Cannes dans le milieu de la randonnée. 
Inspiré de la véritable histoire de Cheryl Strayed, et basé sur son propre récit, Wild est un film de randonnée entrecoupé ça et là de flashbacks narrants les traumatismes passés de son héroïne. 
Si l'écriture de ce drama est parfois cousue de fil blanc et souvent attendu, l'intérêt du film est ailleurs. Reese Whisterpoon, à la fois comédienne principale et productrice du film, est suffisamment investie dans son personnage pour le rendre crédible et touchant, et donc nous donner envie de marcher avec elle. Les déboires de cette jeune femme inexpérimentée découvrant les rudiments de la randonnée en autonomie, sont souvent justes et drôles, et la rendent encore plus attachante. C'est donc avec plaisir et empathie que nous la suivons durant plus de deux heures sur les chemins du PCT, dans des paysages variés et toujours sublimes. Et la magie opère. La quête de purification intérieure de Cheryl devient la nôtre, et lorsque qu'elle trouve enfin sa rédemption tant attendue, nous, spectateurs concernés, n'avons plus qu'une seule envie: prendre un billet d'avion pour la Californie pour marcher à notre tour sur cet incroyable chemin de randonnée.

Un parcours initiatique dans la nature sauvage de l'Ouest américain.

Wild, un film de Jean Marc Vallée, sorti en 2014
Disponible en DVD/BlueRay/VOD







Sur ce site, pour les amoureux de randonnées dans les grands espaces:

ROMAN: Terre Lointaine
FILM & ESSAI: Into The Wild
FILM: Les Chemins de la Liberté







19 janvier 2018

FILM: 119 Jours, les survivants de l'Océan

Suite à un chavirage dans le Pacifique, quatre hommes vont survivre sur l'épave retournée de leur trimaran pendant 119 jours.


Le postulat de départ de 119 jours, les survivants de l'Océan (Abandoned dans son titre original) est simple: un skipper embarque avec trois invités inexpérimentés à bord de la Rose Noëlle, un petit trimaran jaune et bleu, pour une croisière entre amis entre la Nouvelle-Zélande et les îles Tonga. Après avoir essuyé une violente tempête, leur voilier est retourné par une lame de fond et se retrouve ... à l'envers. Sans radio, ils vont devoir survivre en attendant d'hypothétiques secours.
Et leur périple va durer 119 jours.
Adapté du roman The Spirit of Rose Noëlle de John Glennie, lui-même (plus ou moins) inspiré d'une histoire vraie, le film nous invite à partager le quotidien de ces quatre naufragés, en s'intéressant à la fois aux relations humaines à l'intérieur du groupe, et à leur ingéniosité en matière de survie. 
La grande force du film réside dans la sobriété de son écriture et de sa mise en scène. Le scénario ne tente jamais de surenchérir les enjeux, qu'ils soient humains et dramaturgiques. Il se contente de nous embarquer à bord du trimaran (retourné), au plus près des naufragés. La majorité du film se déroule donc à bord de la Marie-Noelle, ou nous partageons donc la vie de quatre personnages bien différents: un skipper habité, un caractériel impulsif et parfois violent, un sexagénaire apeuré, et un cuisinier qui jouera le rôle de conciliateur (interprété par Dominique Purcell, le frère ainé du héros de Prison Break, plutôt à son avantage). Les scènes à terre consacrées aux réactions des familles sont justes, sobres, et utilisées avec parcimonie, et elles nous sortent à peine de l'histoire principale. La fin, sobre et inattendue, fait entrer le film dans une problématique nouvelle, que je ne dévoilerais pas pour préserver le plaisir des futurs spectateurs, mais qui clôture de belle manière cette intéressante histoire de survie en mer

Sobre, authentique et immersif.
À ranger dans une vidéothèque entre All is Lost et En Solitaire. 


119 jours, les survivants de l'Océan (Abandoned), un film de John Laing, sorti en VOD en juin 2016.
Disponible seulement en VOD et en DVD/BlueRay en import.




Sur ce site, pour les amoureux de la voile:

FILM: En Solitaire
FILM: All is Lost
ROMAN: Comme un Albatros




14 janvier 2018

ROMAN: Comme un Albatros

Suite à un concours de circonstances favorable, Gwenn, jeune préparateur inexpérimenté, se retrouve au départ d'une course autour du monde en solitaire, sans assistance, et sans escale ...



Comme un Albatros, mon second roman, paru en 2012 aux Editions la Découvrance, est un hommage assumé à Bernard Moitessier, un récit qui revisite à la fois son histoire lors du Golden Globe Challenge et revient en l'actualisant sur son regard sur le monde.

Un article écrit par un blogger lors de sa sortie:

Edifiant, à coup sûr dépaysant, un brin monotone aussi… Un beau récit que je recommande à tous ceux qui rêvent d'océan, de solitude et de dépassement de soi… 
L’histoire débute in medias res, coïncidant avec le début de la course, un tour du monde à la voile en solitaire. Le jeune Gwen manque d’expérience, mais un coup du sort lui a permis d’embarquer à bord d’AGA face à des skippers plus aguerris. D’abord « compétiteur », Gwen prend peu à peu conscience de la beauté et de la vulnérabilité de la nature ; alors qu’il fait son petit bout de chemin avec ténacité mais lucidité, espérant, si ce n’est obtenir un bon classement, du moins terminer la course, certaines réalités écologiques commencent à se dessiner et ce faisant, à modifier le regard du jeune homme sur le monde. 
Un récit qui fait rimer navigation et initiation : Gwen ressort grandi de cette expérience forte et surhumaine. Bien que je ne connaisse absolument rien à cet univers, j’avoue être fascinée par ces passionnés prêts à s’isoler du reste du monde pendant des mois, à lutter contre les éléments, à transcender leur humanité. Ce fut un plaisir de partager, l’espace de 181 pages, le quotidien atypique de Gwen : méthodes de navigation, phases de repos strictement délimitées, communication avec le continent… Un quotidien austère, parfois inconfortable, avec une température en cabine qui chute parfois à 8°C. Sans parler bien sûr, de la rencontre avec l’albatros, qui va infléchir – dans tous les sens du terme – le parcours du jeune skipper.
A la fois récit d’aventure, journal de bord et document écologique, un texte mené à la première personne qui a un indéniable parfum d’authenticité…  Il me manque peut-être un petit quelque chose pour estampiller cette lecture d’un coup de cœur ; peut-être plus de relief, de passion dans l’écriture et plus d’intimisme. Le protagoniste nous reste assez longtemps « inconnu », distant, bien que le lecteur soit seul avec lui à bord d'AGA ;  il lui faut beaucoup de temps pour dévoiler un peu son histoire…



Comme un Albatros, un roman paru en 2012 aux Editions la Découvrance.
Disponible uniquement via son auteur (py.touzot@free.fr)



Sur ce site, pour les amoureux de la voile:

RECIT: La Longue Route
FILM: All is Lost
RECIT: Le bateau qui ne voulait pas flotter




31 décembre 2017

ESSAI: Le Dernier Ermite

L'incroyable histoire de cet homme qui a vécu pendant 27 ans en ermite dans une forêt du Maine...


Un peu comme Jon Krakauer avec Christopher McCandless, Michael Finkel, journaliste lui aussi, est allé à la rencontre de Christopher Knight, cet américain qui a vécu 27 ans en ermite dans une forêt du MaineMais la comparaison s'arrête là: l'histoire du héros du Dernier Ermite n'a rien à voir avec celle d'Into The Wild, et c'est là tout son intérêt.
Car si Christopher McCandless avait développé une philosophie critique vis-à-vis de notre société moderne de consommation, Christopher Knight s'est isolé du monde par instinct, sans vraiment y réfléchir. Et il le dit très naturellement dans ce qui reste l'une des phrases clés de cet essai passionnant sur la vie d'ermite: "Je suis incapable d'expliquer mes actes. Quand je suis parti, je n'avais rien prévu. Je n'avais rien en tête. Je l'ai fait. C'est tout". Christopher Knight n'est pas parti voyager à la découverte de la beauté des grands espaces nord-américains. Il n'est pas non plus allé se nourrir de rencontres insolites avec des inconnus. Il s'est sédentarisé pendant 27 ans dans un campement derrière deux gros rochers, à moins de cinq minutes à pieds du premier chalet habité (l'été), et à une quarantaine de kilomètres seulement de l'endroit où il vivait avec sa famille. Pendant 27 ans, il a survécu aux hivers les plus glacials sans jamais allumer de feu (pour ne pas se faire repérer), et en commettant pour se nourrir plus de 1000 cambriolages dans les chalets des alentours désertés pour l'hiver, sans jamais se faire prendre, sans jamais rien voler de valeur. Au fil des années, il est devenu une espèce de mythe local, jusqu'à ce qu'un garde forestier plus malin que les autres finisse par le prendre la main dans le sac. Pendant 27 ans, il n'a prononcé qu'un seul mot, bonjour, à un touriste croisé par hasard à proximité de son camp. Cette solitude absolue fait de Christopher Knight un ermite hors norme. Chez lui, aucune motivation d'ordre religieuse ou spirituelle, pas de volonté de recherche scientifique ou existentielle, et aucune envie de transmettre son expérience, juste un appel irrésistible à vivre seul, auquel il a répondu. Thoreau, Robinson Crusoé (le vrai, pas celui du roman), Siddhartha, Jésus... tous ces ermites célèbres de l'Histoire apparaissent subitement légers dans leur démarche, comme dans leur isolement. 
Michael Finkel, en journaliste davantage qu'en dramaturge, nous fait entrer petit à petit dans l'histoire de ce personnage hors norme, avec une fascination sincère et une admiration assumée, dans un essai entonnoir qui prend un peu de temps à prendre son rythme de croisière mais gagne en densité (et en intérêt) au fur et à mesure des chapitres. Il nous offre un témoignage complet et captivant sur 27 années de solitude au plus près de la nature. Les amateurs de récit de survie resteront un peu sur leur faim, mais ceux intéressés par les personnages atypiques et solitaires ne pourront que se passionner pour ce Dernier Ermite.

L'histoire vraie d'un ermite des temps modernes. Fascinant.


Le Dernier Ermite, de Michael Finkel
Paru en 2017 aux Editions Jean-Claude Lattès


Sur ce site, d'autres histoires d'ermite:





22 décembre 2017

ESSAI et DOC: Les pouvoirs magiques de l'Eau

Un documentaire et un essai consacrés aux travaux de Masaru Emoto sur les pouvoirs de l'eau.


Masaru Emoto (1943/2014), scientifique japonais, a passé toute sa vie à étudier l'eau et ses pouvoirs surprenants, pour ne pas dire magiques. A l'origine de ce parcours atypique, des photos de cristaux de molécule d'eau congelés instantanément dans différents types d'environnement, donnant à chaque fois des dessins aux structures géométriques différentes. Saviez-vous que les cristaux de glace n'ont pas la même forme quand ils sont figés par le froid dans une pièce baignée par la musique de Jean Sébastien Bach et celle d'AC/DC ?
Surprenant, non ?
Surprenants, les travaux de Masaru Emoto le sont profondément.
Très critiquées par la communauté scientifique à ses débuts, ses théories ont acquis depuis une notoriété internationale, et une forme de reconnaissance. Difficile (en tout cas pour moi) de prendre position d'un point de vue scientifique, mais d'un point poétique, philosophique et métaphysique, ses théories sont à la fois troublantes et enthousiasmantes. Car nous le savons tous, l'eau, cet élément indispensable à la vie sur Terre, est présente partout autour de nous, dans des formes et des environnements très différents. Nous sommes fais à 70% d'eau. La terre est couverte à 70% d'eau. Et cette eau voyage sous sa forme solide dans notre galaxie depuis la nuit des temps. Dès lors, comment ne pas croire que cette matière n'ait pas quelques propriétés étonnantes que nous ignorons encore ?
Pour entrer dans cet univers singulier, un film, et plusieurs essais.
Les Pouvoirs Magiques de l'Eau, réalisé par une documentariste russe,  présente les travaux de Masaru Emoto, en les illustrant par des témoignages très parlants, et des expériences souvent troublantes. Un exemple parmi les plus spectaculaires de ces expériences: du riz provenant d'un même sac est noyé dans une même eau dans trois bols différents. Dans le premier bol livré à lui même, le riz pourri normalement. Dans le second bol, le riz soumis quotidiennement à des insultes et à des pensées négatives noircit sans pourrir. Dans le troisième, le riz soumis à des mots d'amour et à des pensées positives blanchit sans jamais pourrir. Troublant, non ?
Les Messages Cachés de l'Eau, premier essai publié sur les travaux de Masaru Emoto, est un livre facile d'accès, idéal pour entrer dans l'univers de ce scientifique atypique. Il raconte la genèse de ses théories, les débuts de ses travaux et le développement de ces théories de manière simple et directe, sans jamais tenter d'imposer quoi que ce soit au lecteur. La vision philosophique de son auteur et ses recherches plus scientifiques se marient sans que l'une prenne le pas sur l'autre, laissant chacun libre de croire plus ou moins à ces pouvoirs magiques. Une fois le premier volume refermé, les curieux et les convaincus pourront découvrir les nombreuses publications suivantes autour de ce thème, qui si elles ne révolutionnent jamais vraiment le contenu de ce premier livre, complètent et développent ses théories. 

Au-delà du vrai et du faux, du prouvé et du subjectif, ce documentaire et ces essais nous invitent à un voyage aux frontières de la science, de la métaphysique et de la poésie, à la découverte du monde magique de l'eau.

Poétique, instructif et stupéfiant.

Water, le pourvoir secret de l'eau, un documentaire d'Anastasyia Popova, sortie 28 mars 2012.
Film disponible en DVD/BlueRay/VOD, et en accès libre sur YouTube.






Les messages cachés de l'eau, éd. Guy Trédaniel (2004)



Sur ce site, pour en savoir plus sur les pouvoirs magiques de la nature:





11 décembre 2017

FILM: Le Grand Bleu



L'histoire d'amitié et la rivalité sportive entre deux apnéistes dans les années 80...



Oui, le film de Luc Besson a vieilli.
Oui, le film est critiquable à beaucoup d'égards.
Pourtant, il se dégage du Grand Bleu un charme un peu kitch incomparable, et une déclaration d'amour sincère à la mer.
Le troisième film de Luc Besson (après le Dernier Combat et Subway) est (très) librement inspiré des vies de Jacques Mayol et d'Enzo Maiorca, deux légendes réelles du monde de l'apnée des années 70 et 80. Dans le film, le premier, interprété par Jean-Marc Barr, est présenté comme un rêveur puriste, un amoureux des océans et des dauphins, un taiseux à la limite de l'autisme. Le second, Enzo Molinari (Enzo Maiorca ayant refusé que son nom apparaisse), interprété par Jean Reno, est un Italien grande gueule, un compétiteur acharné et une sorte de mentor. Le Grand Bleu raconte leur histoire d'amitié et de rivalité sportive dans l'univers de la plongée no limit, une discipline méconnue du grand public où les plongeurs lestés par des gueuses se laissent descendre toujours plus profond dans le "grand bleu" des profondeurs.
Luc Besson s'adresse davantage aux sens qu'à l'intellect, en nous offrant un film sensoriel plus qu'un témoignage sur ce sport et cet univers. Les rapports entre les personnages manquent souvent de consistance, et le scénario reste très linéaire. En fait, l'intérêt est ailleurs, dans ce voyage en immersion au cœur de ce Grand Bleu que l'affiche et le titre vendent. Et de ce point de vue, le film fonctionne. La durée des séquences de plongée, la lenteur du rythme de montage et la beauté des images nous entraînent sous l'eau en temps quasiment réel, pour ressentir cette jouissance (et cette ivresse) des profondeurs.
Ce rythme particulier, ces images magnifiques et la musique planante d'Eric Serra suffiront à ramener les fans de la première heure trente ans en arrière, au Grand Rex, en Grand Large, pour des projections d'anthologie. Quant à ceux qui découvriront le film, ils formeront comme à l'époque deux familles distinctes et opposées: d'un coté ceux qui resteront froidement sur le ponton, de l'autre ceux qui plongeront sans retenu dans l'océan.

Un véritable film sur le rapport à l'océan, vu à travers le prisme de l'apnée.
Un peu daté, mais sincère et immersif.

Le Grand Bleu, un film de Luc Besson, sorti en 1988.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD






Sur ce site, pour les amoureux de la Grande Bleue:

BD: Un Océan d'Amour
RECIT: La Longue Route
FILM: All is Lost