Wales & Divers

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Anuar Patjane Floriuk / National Geographic Traveler Photo Contest

20 mars 2017

FILM: Une histoire vraie

Alvin, 73 ans, décide prendre la route sur une vieille tondeuse à gazon pour rendre visite à son frère avec qui il est fâché depuis plus de dix ans ...




Sans doute le moins Lynchien des films de David Lynch, et pourtant l'un de mes préférés, Une Histoire Vraie est à la fois une œuvre profondément humaniste et un véritable voyage au cœur de l'Amérique profonde. Le titre original, the Straight Story, maladroitement traduit en français, vient du nom du véritable personnage dont la (fin) de vie a inspiré le film, Alvin Straight. Car le film une Histoire Vraie est inspiré ... d'une histoire vraie. Le comédien qui interprète Alvin, Richard Farnsworth, 80 ans lors du tournage, fut nommé pour ce rôle à l'Oscar du meilleur acteur et reste encore aujourd'hui le comédien le plus âgé a avoir eut cet honneur dans cette catégorie.
L'histoire est simple. Depuis dix ans, suite à une violente dispute, Alvin, 73 ans, n'a pas vu son frère. Lorsqu'il apprend qu'il est malade, il décide de forcer le destin et d'aller lui rendre visite. Comme il ne sent pas près pour ces retrouvailles, Alvin décide de prendre son temps et de faire les quelques centaines de miles qui le séparent de son frère à son rythme, sur une tondeuse à gazon, dans l'espoir que ce (long) voyage l'aidera à mieux vivre cette réconciliation. Ce long trajet tout en lenteur au cœur des immenses plaines agricoles du centre de l'Amérique, loin des paysages spectaculaires de l'Ouest, sera pour lui l'occasion de revisiter sa vie à travers de nombreuses rencontres, mais aussi, au fil des soirées passées à la belle étoile au plus près de la nature, de se découvrir une seconde jeunesse. 
L'immense qualité du film - et ce qui fait sa rareté -  vient de son rythme, qui respecte celui de son héros. David Lynch prend son temps et nous en offre pour savourer le voyage d'Alvin, ses longues lignes droites au milieu des champs comme ses rencontres, sans jamais tenter d'en accélérer artificiellement le rythme. Pour certains, cette lenteur deviendra une épreuve insurmontable, mais pour ceux dont je fais partie qui pensent que nous avons souvent tendance à nous agiter frénétiquement pour pas grand-chose, elle agira comme comme une bouffée d'air bienfaitrice, jouissive et salvatrice. 
Angelo Badalamenti, compositeur de longue date de David Lynch, nous livre ici une de ces partitions les plus abouties, une musique originale habitée qui accompagne le film jusqu'à la séquence finale de retrouvailles entre ces deux frères au crépuscule de leur vie, une scène sobre et bouleversante qui vous hantera longtemps après la fin du générique. 

Une ballade tout en lenteur sur les routes de l'Amérique des grandes prairies. Humaniste et dépaysant.

The Straight Story / Une Histoire Vraie, un film de David Lynch, sorti en 1999.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD





16 mars 2017

SERIE: Klondike

Etats-Unis, fin XIXe. Deux jeunes diplômés de l'université de Boston décident de tenter leur chance et de se rendre dans le Yukon pour y participer à la ruée vers l'or ...



Pour les amoureux des romans de Jack London (présent en tant que personnage à l'image), de l'histoire américaine et des grands espaces, la série Klondike est un véritable cadeau.
La grande qualité de ce voyage au pays des chercheurs d'or ne réside pas dans son scénario qui, s'il se laisse suivre sans accrocs, aurait mérité davantage d'enjeux, de profondeur et de rebondissements, mais dans l'incroyable reconstitution historique d'une des périodes à la fois les plus populaires et les plus méconnues de l'histoire de l'Amérique. 
La série s'ouvre par une séquence très spectaculaire de traversée de la White Pass, passage obligatoire pour les chercheurs d'or fraichement débarqués de leur bateau pour atteindre le Yukon, la rivière Klondike, Dawson City, et ses champs aurifères. Une fois de l'autre côté du col, un monde sauvage, violent et rarement source d'enrichissement les attendait. Et c'est la que la série prend tout sa signification, en nous montrant à quel point trouver de l'or dans de telles conditions était difficile, voire impossible. 
Une fois sur place, les chercheurs d'or devaient obtenir une concession, trouver du matériel pour l'exploiter,  y travailler jour et nuit pendant les beaux jours avant que l'hiver ne rende le sol trop dur pour être creusé. Ils devaient survivre à la famine, à la maladie, à l'hiver rigoureux et ses températures inhumaines, le tout dans des conditions de vie misérables, au coeur d'une faune humaine violente, isolée du monde civilisé et de ses lois. Et lorsque certains trouvaient de l'or, ce qui arrivait rarement et presque toujours en petites quantités, ils devaient échapper aux sirènes des sociétés privées qui s'enrichissaient sur les souffrances et les malheurs des chercheurs d'or en rachetant leur maigre butin pour une misère. Pour ceux qui parvenaient malgré ses obstacles à quitter la région avec quelques dizaines de grammes dans les poches, le plus dur restait à venir: ils devaient survivre au long voyage de retour vers le monde civilisé, sur des pistes truffées de pilleurs, de voleurs et de charognards. 
Au terme des quelques heures passées en immersion dans le Yukon sauvage de la fin du XIXe à regarder cette série, une évidence s'impose:  le métier de chercheur d'or n'était pas sans risques. 

Un travail de reconstitution historique impressionnant pour une histoire qui nous immerge dans la réalité de la ruée vers l'or.  

Klondike, une série 3*90' réalisée par Simon Cellan Jones, produit par Ridley Scott, sortie en 2014.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD









13 mars 2017

BD: Sauvage ou la sagesse des Pierres

Suite à la mort de son compagnon de randonnée, une jeune femme se retrouve seule dans une forêt et va faire un voyage mystique et métaphysique au cœur de la nature ...


Sauvage ou la sagesse des Pierres est une (longue) bande dessinée (presque) en noir et blanc qui nous invite à une immersion dans une forêt pour une fable mystique et métaphysique inspirée sur le rapport entre l'homme et la nature. L'héroïne, une jeune femme, voit son compagnon de randonnée mourir devant elle, et va, au sens propre comme au sens figuré se fondre dans la forêt. Durant son errance, elle sera hantée par le souvenir de son compagnon, reflet de sa propre part humaine agonisante. Elle assistera au réveil de sa part animale, et de ses sens depuis longtemps endormis par la vie en société. Elle sera confrontée au monde animal, à travers sa rencontre avec un renard rouge (à n'en pas douter un hommage au Petit Prince), au monde végétal représenté par des séquoias plusieurs fois centenaire, et enfin au monde minéral, à ces pierres annoncées dans le titre, et à leur sagesse.
Au fil des pages, l'auteur, Thomas Gilbert, brasse de nombreux thèmes, mais il nous invite davantage à une transe intérieure qu'à une réflexion structurée, en apportant rarement des réponses aux questions qu'il soulève. Il alterne des passages très lumineux et d'autres beaucoup plus sombres, voir résolument noirs, et il n'épargne rien à son personnage féminin, tant d'un point de vue physique que psychologique. Planches après planche, nous l'accompagnons dans sa quête existentielle, et dans son voyage violent et libératoire au plus proche des éléments naturels. Son histoire, poignante, ne nous lâche pas jusqu'à la dernière page. 
Thomas Gilbert s'offre une grande liberté dans la qualité de ses dessins, parfois très travaillés, d'autres fois plus crayonnés, une disparité qui, lorsque l'on y prête attention, a toujours du sens. Certains, comme moi, pourront être un peu repoussés à la lecture des premières pages par l'âpreté du graphisme, mais le voyage vaut l'effort de passer outre et de se laisser embarquer au cœur de cette forêt, au plus proche des renards, des séquoias, des pierres, de la pluie, du vent, des rivières et des hautes herbes. 

Un voyage au cœur de la nature. Profond et inspiré.

Sauvage ou la Sagesse des Pierres, une bande dessinée de Thomas Gilbert (2016).
Disponible aux Editions Vide Cocagne.








26 février 2017

ROMAN: Rendez-vous avec Rama

2130. Les radars terrestres repèrent un gigantesque vaisseau spatial dans le Système solaire qui se dirige vers la Terre. Une équipe de scientifiques part à sa rencontre et découvre à l'intérieur un nouvel écosystème et les traces d'une civilisation disparue...




Rendez-vous avec Rama est avant tout un roman de science-fiction écrit par l'un des maîtres du genre, Arthur C. Clarke, le papa entre autres de 2001: l'odyssée de l'espace. Le vaisseau spatial qui entre dans les système solaire et se dirige droit vers la Terre se révèle être un gigantesque cylindre renfermant un écosystème endormi par le froid, et qui va se réveiller au fur et à mesure que le vaisseau s'approche du soleil ... La particularité de Rendez-vous avec Rama réside dans la minutie avec laquelle l'auteur s'intéresse à cet écosystème mystérieux. La faune et la flore qui y vivent sont à la fois proche des nôtres, et totalement différents. Petit à petit, nous découvrons avec les scientifiques de l'expédition les merveilles de Rama. L'occasion d'un voyage documenté et poétique dans une autre nature que la notre.
Une expérience unique et savoureuse. 

Le mariage réussi de la science fiction et du nature writing. Unique.

Rendez-vous avec Rama, un roman d'Arthur C. Clarke
Première édition en 1973. Disponible dans de nombreuses éditions.





Le Cycle de Rama:
Rendez-Vous avec Rama (1973)
Rama 2 (1989)
Les Jardins de Rama (1991)
Rama Révélé (1993, avec Gentry Lee)




25 février 2017

FILM & ESSAI: Into The Wild

Un livre (et un film) retraçant l'histoire vraie de Chris McCandless, jeune américain ayant tout abandonné pour se perdre et se retrouver dans la nature...












Alexander McCandless, alias Alexander Supertramp, disciple de Thoreau, de London et de Tolstoï, décide à la fin de ses études de bruler sa carte bleue, et de renoncer à la société pour être au plus proche de la vérité, celle des grands espaces et des rencontres inattendues.
La principale particularité d’Into The Wild est de s’inspirer d’une histoire vraie, ce qui renforce l’intérêt pour cet incroyable récit à ciel ouvert, qui fait maintenant pleinement partie des classique du nature writing. Le livre à l’origine du film n’est pas un roman mais un compte rendu de l’enquête de son auteur, le journaliste Jon Krakauer qui, après la mort d’Alexander McCandless, a cherché à comprendre sa philosophie de vie, et à retracer son parcours. Son travail au plus près de la vérité se ressent à chaque page.

Si le film prend quelques libertés avec le livre dont il est inspiré, il respecte dans les grandes lignes la véritable histoire d’Alexandre McCandless. A un détail prés : il sous entend parfois que le personnage avait dans son extrémisme des envies de suicide, ce qui le livre dément formellement. Pour le reste, la réalisation de Sean Penn donne la part belle aux paysages grandioses de l’ouest américain et à des personnages touchants qui, les uns après les autres, construisent la légende d’Alexandre Supertramp en nourissant son évolution. L’interprétation du comédien principal, Emile Hirch, qui s’est beaucoup investi dans la préparation du tournage, apporte une lumière et une crédibilité saisissantes au personnage central d’Into The Wild.
Avec la sensation à travers son voyage qu'Alexander accède à une vérité essentielle sur le sens de la vie dont nous avons tous conscience au fond de nous mais que nous avons oublié: nous sommes avant tout les membres d'un grand tout que l'on appelle nature.
A noter, cerise sur la gâteau, la magnifique bande originale signée Eddie Vedder.

Un film habité et en apesanteur, et un livre encore meilleur.


Voyage au bout de la solitude (Into the Wild), un essai de Jon Krakauer
Presses de la Cité, 1997 (ISBN 3492227082)


Into The Wild, un film de Sean Penn, sortie 9 Janvier 2008
Disponible en DVD/BlueRay/VOD






24 février 2017

FILM: All is Lost

Le combat pour sa survie d'un navigateur solitaire sur un voilier endommagé suite à une collision...




Voir Robert Redfort, (vraiment) seul sur un bateau, sa gueule d’ange burinée par les années, se battre contre l’adversité pendant plus de deux heures, est déjà en soi un vrai moment de cinéma. La mise en scène, époustouflante dans certaines séquences, nous immerge pleinement dans cette lutte pour la survie, ce qui est d'autant plus étonnant lorsque l'on sait qu’un certain nombre de scènes ont été tournées en studio, et truffées d’effet spéciaux invisibles. Pourtant, nous sommes pleinement avec cet homme qui, au crépuscule de sa vie, seul sur son voilier endommagé, refuse de lâcher prise et qui, grâce à son expérience de la mer et son instinct de survie, surmonte les unes après les autres les épreuves que l'océan fait déferler sur lui.

Arrêtez le film trois minutes avant la fin, et vous aurez vu un petit chef d’œuvre.
Choisissez de le voir jusqu’au générique, et vous aurez vu un très bon film.

Un huis clos à un seul personnage à ciel ouvert, iodé et intense.

All is Lost, un film de J.C. Chandler, sorti en 2013.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD







ROMAN: Le bateau qui ne voulait pas flotter.

Bien décidé à prendre la mer en direction des Caraïbes, un homme achète une goélette qui va se montrer très décidée à lui compliquer singulièrement la vie ...




La bateau qui ne voulait pas flotter, récit autobiographique sans doute assez fidèle à sa véritable histoire, raconte la relation fusionnelle et passionnelle entre l'auteur, Farley Mowat, et sa goélette, Fleur de Passion, sur une douzaine d'années.
Milieu des années 60. Sur un coup de tête, l'auteur décide d'acheter son propre voilier pour aller jouir de la chaleur tropicale des Caraïbes, mais l'intéressée, Fleur de Passion, n'est pas d'accord: dès qu'il l'oblige à faire cap à l'Est, elle prend l'eau de manière aussi inexorable qu'inexplicable. Si elle ne coule jamais véritablement, c'est au prix d'un combat sans relâche de son propriétaire, qui devient assez rapidement un expert en pompe à cale .... Le ton est donné.
Le Bateau qui ne voulait pas flotter est une histoire d'amour drôle et savoureuse entre un homme est son bateau, traitée de manière poétique et presque surnaturelle par moment, tant la goélette devient un personnage à part entière, avec son caractère (de cochon) et son indépendance (relative). Souvent bornée, rarement compréhensive, et toujours capricieuse, Fleur de Passion est la véritable héroïne de ce roman.
Embarquer donc pour suivre cette belle historie d'amour, et partez avec eux à la découverte de l'est canadien, à l'embouchure du Saint-Laurent, entre le Québec et Terre-Neuve, dans une région à la fois très isolée, haute en couleur et globalement assez peu connue.

Une histoire d'amour maritime dans les eaux glacés de Terre Neuve. Drôle et immersif. 

Le bateau qui ne voulait pas flotter, un récit de Farley Mowat.
Editions Gallimard, 2015 - Collection folio






















ROMAN, FILM & DOC: The Revenant

Fin XIXe, au début de la conquête de l'Ouest. Le combat pour sa survie d'Hugo Glass, chasseur de fourrures, laissé pour mort seul dans la forêt par ses compagnons d'expédition ...




Un roman et un film, portés par deux regards finalement assez différents, pour ce qui restera comme une des rares adaptations cinématographiques d'un classique de la littérature à la hauteur de l'œuvre originale.
Le roman de Michael Punkeplus récent qu'on pourrait le penser, est avant tout un roman historique, qui relate les aventures d'Hugo Glass, personnage légendaire américain qui nourrit depuis des générations les longues soirées au coin du feu. Le récit nous plonge au milieu du XIXe siècle, à l'époque des pionniers de la conquête de l'Ouest, et s'intéresse en particulier aux chasseurs de peaux qui risquaient leur vie dans des conditions extrêmes pour gagner chichement leur vie. Nous suivons donc l'histoire d'Hugo Glass, laissé pour mort seul dans la forêt. Sa volonté inébranlable de survie le fera entrer dans la légende de l'Ouest. Si Hugo Glass est le personnage principal du roman, Michael Punke s'intéresse à tous les autres personnages de manière assez équilibrée, ce qui ne sera pas le cas dans le film. Il prend le temps de nous raconter leur vie, leur parcours jusqu'au drame qui les relie les uns aux autres, de manière réaliste et érudite. Ce voyage à la fois humain et historique se révèle passionnant d'un bout à l'autre, jusqu'à la résolution du drame, traitée avec fatalisme et douceur.
Le film inspiré de The Revenant est à la hauteur du roman, sans doute parce qu'il emprunte une autre voie. Alejandro Innaritu, son réalisateur, nous plonge dans un récit plus violent, dans un véritable film de survie, auquel il  y ajoute une dimension mystique et spirituelle due au long séjour de son héros chez les Indiens. Il lui invente un fils métis, dont la mort devient la véritable cause de sa soif de vengeance, et donc de sa lutte pour sa survie. Et de ce point de vue, le film est à la hauteur de nos espérances: nous sommes vraiment avec Hugo Glass, into the wild, dans l'instant présent, pour une démonstration de survie à ciel ouvert dans des conditions vraiment extrêmes. Tout d'un coup, cet Ouest américain objet de tous les fantasmes devient âpre, douloureux, et tellement loin de tout. 
Le film est porté par l'incroyable prestation de Léonardo Di Caprio, mais peut-être plus encore par les seconds rôles, tous épatants, avec à leur tête un Tom Hardy ahurissant, et un ours stupéfiant. La réalisation en longs plans-séquences de Alejandro Innaritul'incroyable travail à la lumière du chez opérateur Emmanuel Lubezki la musique sobre et habitée de Ryuichi Sakamoto et Alva Notofont de The Revenant un film audacieux et jusqu'au-boutiste, comme le cinéma n'en produit que rarement depuis la fin de l'âge d'or des années 70. La fin, plus violente que dans le roman, et l'ultime regard d'Hugo Glass à la caméra semblent nous interroger, nous spectateur, sur notre propre capacité à survivre à cette nature magnifique et hostile.
Quelques mots sur le making of, lui aussi plutôt réussi, et qui revient sur la portée historique et ethnologique du film, en le ramenant à une oeuvre sur les débuts de l'impérialisme capitaliste outrancier, à travers les débuts du pillage des richesses de la nature (les fourrures) sur les territoires des Indiens natifs. Ces précisions éclairent le film sous un angle nouveau qui le rend encore plus passionnant.

Un film et un roman captivants, sur une époque et sur la survie en milieu naturel hostile. Deux voyages âpres et profonds.

The Revenant, un film d'Alejandro González Iñárritu sorti en février 2016.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD








The revenant, un roman de Michale Punke.
Première éditions au Etats Unis en 2002.
Edition française Presse de la Cité 2015.
Disponible en livre de poche. 







  

ROMAN ILLUSTRE: L'Appel de la Forêt

Les aventures de Buck, chien domestique de la ville, qui va revenir à la vie sauvage dans le Yukon.


Histoire universelle que celle de ce chien de la ville qui, suite à un enlèvement, se retrouve dans les forêts glacées du Yukon et va finir au terme de nombreuses épreuves par y trouver sa place. Et l'allégorie fonctionne. Le parcours de Buck raisonne en nous comme une projection de notre propre envie de retour à la nature. Jack London ne nous épargne pas: la vie dans dans cet environnement extrême est cruelle, violente, l'autre représente presque toujours une menace, et la forêt est décrite comme une jungle sans pitié où seuls les plus forts survivent. Et pourtant, nous avons tous envie de faire comme Buck, de tout abandonner pour nous confronter à ce milieu originel, de réveiller enfin notre instinct animal et de vivre au plus prés de l'essentiel, à la recherche d'une vérité qui se trouve forcément quelque part dans ce rapport cru et direct avec la nature. 

Le classique universel et absolu du maître Jack London, dans une édition illustrée soignée et élégante.

L'appel de la Forêt, un roman de Jack London, livre illustré (Editions Sarbacane, 2015)












L'appel de la Forêt, un roman de Jack London
(Première parution en 1903, disponible dans de nombreuses éditions)







23 février 2017

FILM: Délivrance

Quatre Américains de classe moyenne descendent une impétueuse rivière située au nord de la Géorgie pour rendre  un dernier hommage à une nature sauvage et condamnée par la construction d'un futur barrage ...



Oui, le film est peu un daté, très années 70.
Mais il n'en reste pas moins une belle première heure de descente de rivière en canoë, suivi d'une scène d'anthologie qui a sa place dans les annales du cinéma. Le propos est d'actualité, puisque ces quatre citadins décident de rendre hommage à une rivière condamnée par l'expansion humaine. Les personnages sont trempés, la situation bien posée, et même si aujourd'hui le film ne fait plus aussi peur qu'à l'époque, il reste le fier représentant d'un cinéma qui n'existe que trop rarement sur nos écrans aujourd'hui. 

Une ballade sur l'eau et une scène d'anthologie. Dépaysant et efficace.

Délivrance, un film de John Boorman, sorti en 1972
Disponible en DVD/BlueRay/VOD